éducation

Le lycée La Trinité et le développement durable au quotidien (épisode 1)

Dans un contexte socio-économique marqué par une crise qui dure maintenant depuis plusieurs années et ne semble pas trouver de solutions, où les problématiques qui touchent l’environnement sont de plus en plus porteuses de conséquences graves à plus ou moins long terme, une grande partie de la population française, citoyen, acteurs économiques et institutionnels, est amenée à se poser des questions quant à ces dysfonctionnements.

Nous voyons partout émerger des initiatives qui vont dans le sens d’une croissance durable intelligente (raisonnement sur la production agricole, les circuits courts, les monnaies locales complémentaires, la conception de démocratie participative et de citoyenneté, etc.), provenant de prises de conscience individuelles ou collectives, et mettant en avant une volonté de soutenir des valeurs pilier de notre bien-être et de celui des générations futures.

Les lycéens choisissent le développement durable

Au milieu de cette douce agitation de Colibris qui « font leur part », les élèves de 2nde 4 du lycée La Trinité (Lyon 6e) ont entrepris de faire vivre le concept de développement durable au sein de leur établissement. Cela part d’une initiative très constructive de l’établissement qui libère du temps aux élèves en grignotant quelques minutes sur chaque cours, qui, cumulées à la fin de la semaine, leur permettent de consacrer le vendredi après-midi à un projet de leur choix.

Les Colibris de Lyon encadrent donc, de concert avec une joyeuse équipe d’enseignants, ce groupe de 36 adolescents prêts à faire vivre une sacrée évolution à leur lycée.

Lycée la Trinité



Ils se sont répartis en 6 groupes, correspondant à 6 thématiques :

Le groupe « Espaces verts »

Ludivine, Inès, Cassandre, Sephora, Dounia, Zhara et Sabrina vont installer des jardinières (sur une surface d’une dizaine de m2) dans la cour de l’établissement. Elles y cultiveront des fleurs, légumes et autres plantes aromatiques à partager entre les élèves de l’établissement.

Une expérimentation de l’agro-écologie à petite échelle dont le but est, bien sûr de produire « bio », avec un compost alimenté par la cantine du collège associé (cf groupe « tri des déchets » plus bas) et un désherbage manuel (aucun intrant chimique !!!).

Ce sera un bel outil de sensibilisation et un lieu de découverte et d’expérimentation pour tous ceux qui voudront s’investir à l’entretien et à l’évolution de ce jardin partagé lycéen.

Le groupe « Gestion de l’eau »

William, Arthur, Mathieu, Victor, Corentin et Maxence vont faire installer en hauteur un bac de récupération des eaux pluviales provenant des toitures de l’établissement.

Ces eaux permettront d’arroser (par écoulement gravitaire) les espaces de cultures de la cour et d’alimenter un bassin qu’ils veulent mettre en place pour agrémenter les espaces verts et expérimenter la dépollution végétale, la mise sous pression de l’eau par gravité, et autant d’idées qu’ils pourront avoir pour faire vivre cet autre lieu de découverte et d’expérimentation.


Le groupe « Tri des déchets »

Mathieu, Erkam, et Arnaud vont mettre en place plusieurs actions de collecte/recyclage/récupération de déchets au sein de l’établissement :

- Une collecte des déchets verts de la cantine du collège associé afin d’alimenter le composteur mis en place par le groupe Espaces verts.

- Un tri du papier accompagné d’une sensibilisation, problématique très marquée dans un établissement scolaire. Ainsi qu’un partenariat avec un fournisseur de papier recyclé.

- Une collecte des piles usagées au sein de l’établissement.

- Une collecte des bouchons de plastique des bouteilles, dans le double but de recycler et de soutenir une association de leur choix.


Le groupe « Transport »

Benoit, Flavien, Estelle, Lucette, Alexis et Driss vont mettre en place une plateforme de covoiturage sur Internet utilisable par les élèves de leur lycée dans un premier temps.

Dans un second temps, ils veulent élargir la portée de cette plateforme à plusieurs lycées.

Le but étant d’identifier les trajets communs des élèves pour lesquels tout ou partie du trajet se fait en voiture, et de les regrouper.


Le groupe « Énergie »

Elias, Vincent, Charles, Billel, Yacine, Christian et Dimitri voulaient revoir les installations électriques ainsi que l’isolation thermique de l’établissement, mais ces actions sont déjà mises en œuvre par la direction depuis un certain temps.

Ils proposent donc à l’établissement de changer leur contrat ErDF en contrat Enercoop.

Leur contribution réside dans le fait de combler la différence de coût entre les deux factures en proposant la vente de produits issus de l’économie solidaire et sociale au sein de l’établissement.

Ils vont aussi proposer à l’établissement des actions à mettre en œuvre pour l’économie d’énergie et envoyer des dossiers de demande de subventions.


Le groupe « Vie au lycée »

Ils vont établir un calendrier des événements « développement durable » de la ville de Lyon et des alentours et proposer aux élèves et aux enseignants de leur lycée ainsi que d’autres lycées lyonnais qu’ils sont en train de contacter d’y participer hors cadre scolaire.


Et maintenant ?

Toutes ces belles initiatives sont encore soumises à l’acceptation de la Direction de l’établissement, qui a déjà donné son accord de principe et attend maintenant des devis pour prendre les décisions qui nous permettront d’entrer dans l’action.

L’énergie déployée est belle, autant de la part des élèves que du corps enseignant et cela nous touche, nous les Colibris, c’est pourquoi nous tenions à présenter et suivre cette action. Rendez-vous donc à un prochain article pour vous présenter l’avancement de ces projets !

Reportage : conférence de Pierre Rabhi à Lyon le 7 juin 2014

Auteure : Annick

Véritable succès pour la conférence de Pierre Rabhi organisée le 7 juin dernier par la librairie lyonnaise Raconte-moi la terre : les 500 places disponibles ont été prises d’assaut et la conférence a été retransmise dans une seconde salle ! Les Colibris de Lyon ont assisté à cet événement — il n’y a pas meilleure occasion que d’inaugurer ce nouveau blog en partageant cette expérience avec nos lecteurs.

Arrivé d’un pas tranquille et discret dans la cour de l’université catholique de Lyon, qui accueille la conférence, Pierre Rabhi suscite des applaudissements nourris à son entrée dans l’amphithéâtre, auxquels ses remerciements répondent avec simplicité. Par cette journée ensoleillée, un public diversifié est venu à la rencontre directe de l’agriculteur et auteur, ainsi que des personnes qu’il rassemble autour de valeurs communes.

Pierre Rabhi le 7 juin à Lyon      Img 7394recadre
Pierre Rabhi le 7 juin à Lyon. A
droite : avec Thomas Pizer, fondateur de l'association Aquaverde, suite à la conférence.

Après une présentation du groupe Colibris Lyon 69 Reliance par Alice, le gérant de la librairie Raconte-moi la terre souligne le goût de Pierre Rabhi pour les contes du monde entier, au premier rang desquels la fameuse allégorie amérindienne du colibri. Chez l’auteur, en effet, des tranches de vie elles-mêmes prennent la tournure de contes et métaphores, qui font sourire, réfléchir, et marquent les esprits.

Une introduction parfaite pour que l’auteur nous expose son point de vue sur l’avenir de l’humanité et son rapport à la nature :

Humaniser l’humain, réapprendre à s’émerveiller

Selon Pierre Rabhi, l’humanité a la responsabilité de son humanisation. Nous assistons à une falsification généralisée des valeurs. Or, le fondement d’un réel changement de société est moral et éthique. Il implique que chacun travaille à sa propre responsabilisation et prenne pleinement conscience de son appartenance à la nature, d’une inestimable beauté.

Nous avons perdu le sens de l’enchantement, tel cet homme qui ne voyait avec fierté qu’un énorme tas de bois, fruit d’un laborieux travail de découpe, perdant de vue la splendeur du paysage alentour. Réapprenons à nous émerveiller et à percevoir que la vie est sacrée : « le temps est venu de poétiser la vie ».

Modération dans un monde aux ressources limitées

Pierre Rabhi évoque l’accaparement des ressources naturelles par une minorité. En quantité limitée, certaines conditionnent pourtant la vie de tous.

L’industrie pétrochimique, non contente d’épuiser les sous-sols, s’avère nocive. Cercle vicieux et lucratif paradoxe : elle produit à la fois pesticides et médicaments. Tel le lion, lui-même prédateur, l’homme devrait se satisfaire de ce dont il a strictement besoin et ne prélever rien de plus.  

Solidarité, alliance des dynamiques positives

Dans cette société aliénante, pressée par le temps monnayé et l’obsession du productivisme, nous allons de bahut en caisses et de caisses en boîtes... jusqu’à l’ultime d’entre elles. Pour sortir de la dépendance, Pierre Rabhi invite à l’alliance des forces positives et constructives, à la solidarité des populations.

Il note que le voyage est un moyen de contribuer à la découverte d’autres cultures et à leur respect. À condition bien entendu de respecter les coutumes et l’économie locales. Il illustre ce propos par sa propre démarche, lors de son intervention en agro-écologie au Sahel. Comme à son habitude, et sans prétention à la perfection, Pierre Rabhi s’appuie sur des exemples issus de sa propre expérience pour démontrer la faisabilité et l’impact positif des actions qu’il suggère.

Technologie et communication

L’auteur reconnaît les apports appréciables de la technologie (chirurgie, véhicules motorisés, etc.) et sa propre venue en voiture. Une pointe d’humour bienveillante adressée à l’assemblée soulève des rires et sourires qui expriment un similaire aveu. Rares sont ceux qui, de nos jours, pourraient prétendre se dispenser totalement des technologies modernes.

Toutefois, dans ce monde frénétique, créé à partir du temps-argent, l’homme se trouve dépassé par sa technologie. Nous concevons des outils destinés à nous faire supporter cette frénésie, et nous devenons dépendants d’eux.

À bien y regarder, les outils numériques servent à la communication (à son niveau « pratique ») mais détruisent la relation.

L’éducation à la base du changement de société

Ces technologies ne sont pas sans conséquence, notamment chez les enfants. Comment l’enfant peut-il se repérer dans le monde virtuel, créateur de confusion ?

Il est important de veiller à ce que les fonctions déléguées aux outils (la mémoire, par exemple) n’aboutissent pas à une atrophie de notre système cérébral.Amenons les enfants à travailler aussi de leurs mains, à rester en contact avec la nature, le vivant.

Le maintien du lien se joue aussi en famille : veiller à ce que les enfants mangent à table, ne restent pas seulement derrière un portable.

Il est essentiel de laisser à la planète des enfants épanouis et solidaires, pleinement conscients de la beauté du monde et des liens qui les unissent.

La conférence-rencontre s’est conclue par une séance de dédicaces. Une file d’attente patiente et bienveillante a été l’occasion de riches échanges entre participants. L’expérience de vie de Pierre Rabhi donne du crédit à son propos sage et concret. Mais il fait aussi partie de ces personnes qui inspirent un profond respect sans le requérir, et en favorisent naturellement l’expression chez chacun à l’égard de tous.

C’est cette qualité, aussi frappante que discrète, qui donne tant de portée aux messages qu’il véhicule. Au-delà du discours, le public vient à la rencontre d’une source d’inspiration. Un petit homme qui, tout à la fois par son discours et sa présence, redonne confiance en la capacité de chacun à faire sa part.

Les Colibris de Lyon adressent un grand merci à la librairie Raconte-moi la terre pour l’organisation de cet événement en terre lyonnaise !

Partagez vous aussi vos impressions ou lancez la discussion dans les commentaires !

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