Dialogues en humanité, du 4 au 6 juillet 2014 : quelles alternatives pour le 21e siècle ?

Auteure : Annick

Une agora cosmopolite se forme sous le feuillage d’un cèdre monumental, à la manière des arbres à palabres africains. Je parcours d’un regard circulaire les membres de l’assemblée : en dix secondes, je viens de faire le tour du monde. Où suis-je ?

Malgré les avis de tempête, des participants de toutes origines et conditions sont venus dialoguer ensemble pendant trois jours sur la question humaine et notre rapport à la terre. Nous sommes au parc de la Tête d’Or, à Lyon, du 4 au 6 juillet 2014, pour la onzième édition des Dialogues en Humanité. Partageons quelques bribes de cette très dense programmation, entre agoras, ateliers et spectacles !


     
Parc de la tête d'or / Zarina Khan

Des dialogues par grand vent...pas des paroles en l’air

Plusieurs agoras jalonnent chaque jour le parc. Elles réunissent indistinctement enfants, adultes, artistes, philosophes, représentants politiques, scientifiques, engagés associativement ou non,…

Ici, pas d’exposé magistral : des témoignages forts, des partages d’expériences, des suggestions, du concret et de l’humain ! Toutes les paroles se valent et sont écoutées avec une égale bienveillance. Les échanges sont riches, instructifs, et la puissance du vent nous fait redoubler d’attention.

Sont abordées les questions de la dignité, la coopération, la culture de la paix, l’agriculture durable, la souveraineté alimentaire, les monnaies complémentaires, l’éducation à la joie, la citoyenneté, …chaque fois sources d’inspiration pour les actions que chacun peut mener à son échelle.

La première partie de l'après-midi est quant à elle dédiée aux ateliers, d’une stimulante diversité.
 

    (photographe anonyme)
 

Ateliers du sensible : pratiques du futur émergeant et savoirs traditionnels

Samedi. Le vent fait onduler à ma droite des reflets déconcertants : un avant-goût de lagon ? Je m’engage avec curiosité dans l’allée où se succèdent des intitulés d’ateliers tous aussi attractifs les uns que les autres...

Mon attention est captée par une vingtaine de personnes qui s’animent en tous sens, littéralement secouées de rires. Des éclats forcés, dits libérateurs…Du yoga ? En effet, à l’observer, la session me détend déjà les zygomatiques ! :) Plus près du lac, quelques personnes allongées, quant à elles parfaitement silencieuses. Yeux clos, traits détendus : manifestement, la tonitruance joyeuse d’en face passe totalement au-dessus de leur état méditatif.

Au fil de la promenade bordée d’arbres touffus, de nombreuses découvertes s’offrent aux visiteurs, dont un théâtre forum, un atelier de gestion du conflit, des jeux coopératifs, d’étranges instruments de musique qu’explorent des enfants,… ateliers organisés par Colibris 69 Reliance, avec nos partenaires Graine d’École, Terre du Ciel et la Cie du pied levé. Nous remercions le public de ses très bons retours !

La diversité des intervenants et des initiatives représentées est impressionante : bibliobus, illustration des futurs désirables, éthique du débat, écoconstruction, recyclage artistique, décider ensemble, lecture et dégustation de poètes, shiatsu solidaire, wutao, repenser l'urbanisme, monnaie citoyenne,… et j’en passe. C’est entendu, pour l’an prochain, je vais développer des dons d’ubiquité !… ;)

En deuxième partie d'après-midi, les agoras : j’ai entre autres pu assister à la suivante…
 

    

 

Agora « Art et culture, voies du buen vivir »

A ma gauche, Zarina Khan, metteuse en scène et nominée au prix Nobel de la paix en 2005. De l’autre côté du cercle, la représentante politique d’un pays d’Afrique. A sa droite, la directrice du centre social des Minguettes, un collectif d’artistes, etc...une vaste assemblée citoyenne venue échanger sur des initiatives culturelles et leur impact social !

Debora Nunes, art thérapeuthe à Salvador de Bahia, évoque une expérience réussie de mise en contact entre étudiants (souvent riches et blancs) et habitants des quartiers pauvres par le biais de la musique et la danse, issues des traditions africaines. « L’art est un espace d’égalité » et un facteur de reconnaissance. Un allemand souligne l’importance de la joie de créer. Des jeunes découvrent des dons qui les valorisent à travers la musique, la littérature, la danse. Tel le groupe de danseurs qui s’est produit la veille aux DeH.

Le président d’un centre social invite à écouter le besoin des habitants et à les laisser se prendre en main. Suggestion complémentaire d’une participante, qui a travaillé auprès de personnes SDF : ne pas imposer, mais proposer, ouvrir des espaces démocratiques. Etre ensemble et accepter l’autre. Les membres d’un collectif d’artistes ont habité dans un quartier où ils sont intervenus, pour en partager le quotidien.

Divers autres témoignages s’échangent au cours de l’agora, qui s’avère passionnante.

Sur la thématique de la paix, je retiens en particulier celui de Zarina Khan : un atelier d’écriture théâtrale organisé à Sarajevo avec des jeunes, en période de guerre. Tandis qu’elle se dirigeait vers le lieu de rendez-vous, un obus est tombé, tuant d’un coup plusieurs personnes. Toutes les convictions de l’artiste se sont effondrées : « non, on ne peut pas mourir juste pour écrire une phrase ! ». Stupéfaction à son arrivée sur le lieu convenu : contre toute attente, les treize adolescents étaient bien là, groupés dehors. Ils n’étaient pas morts car ils étaient sortis de leurs abris pour venir participer à l’atelier d’écriture…

Ce dernier a débuté aussitôt. En a résulté l’œuvre « le dictionnaire de la vie », qui a beaucoup tourné en Europe. Elle invite à une réflexion autour de la paix, l’identité, et la place de celle-ci au cœur du processus démocratique.
 

Message des éléments...

Entre vent et pluies diluviennes, les agoras du vendredi et du dimanche ont été amenées à un repli précipité dans la cité internationale. Vigilance et sens de l’alternative, dans la convivialité ! 

Notons que le soleil a malgré tout fait honneur à une très large part de la programmation au cours de ces trois journées, qui ont réuni de nombreux participants. A bien y regarder, le vent a incité à une écoute renforcée des uns et des autres. L'énergique Eole a au passage pris grand soin de rappeler notre dépendance et notre fragilité face aux éléments…belle synchronisation. ;)
 

Faites-nous part, vous aussi, de vos témoignages et expériences au cours de cet événement ! :)
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Commentaires (1)

1. Julian Brigitte (site web) 21/07/2014

En tant qu'animatrice de l'atelier de théâtre forum : "La classe, un monde en miniature", j'ai pu constater un réel intérêt des personnes présentes pour l'éducation, la pédagogie autrement : comment susciter l'intérêt de l'enfant sans l'imposer. Plusieurs pistes ont été expérimentées. Etant donné que l'animation était en plein air, les personnes venaient "butiner" un brin de théâtre-forum et repartaient après avoir testé, certaines, leur proposition. Mais à chaque fois, aussi des personnes sont restées jusqu'au bout et même davantage, discutant avec nous après l'atelier.

J'ai assisté aussi dimanche soir à la "conférence" donnée par Catherine Dolto et animée par Emma la clown. Le fond était sérieux : l'amour, dans tous ses états, 778mais Emma ajoutait le grain de folie qui donnait un point de vue très décalé sur le sujet.

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